Aujourd'hui je suis guérie, mes cheveux ont repoussé, je suis sous antidépresseurs (à faible dose), je suis toujours suivie par un psy, je suis de nouveau dans ma famille, j'ai retrouvé ma chambre, le lycée...
Le plus dur c'est quand on est au tout début de la dépression. La crise monte, monte, monte au fil des semaines... C'est invivable. Et on ne sait même pas pourquoi ont devrait supporter tout ça.
Malgré tout ce qu'on peut vous dire, c'est sûr.
Quand on m'a annoncé que je faisais une dépression, que je devais commencer à prendre des médicaments et que par-dessus le marché on me disait qu'il fallait que j'aille voir un psy, ça m'a fait plus que chier. J'étais même révoltée. Et les psy ceci, et les psy cela...
Et je peux vous dire que quand quelqu'un ne VEUT PAS se faire aider, c'est même pas la peine.
Et je ne parle pas de moi, c'est une vérité.
On commence à guérir à partir du moment où, premièrement on accepte qu'on est malade, même si on ne peut pas y faire grand chose, et que deuxièmement on y met un peu du sien.
Car le plus gros du travail est fait par le patient, malheureusement... ça ne peut pas marcher autrement.
Finalement ma mère m'a tellement harcelée, mais de façon bienveillante bien sûr, pour que j'aille voir un psy, que j'y allais mais quasiment à chaque fois c'était pour lui dire qu'il me faisait chier et que je ne voulais pas parler.
Ceci dit c'est important de le faire. Il faut dire à son psy ce qu'on ressent: qu'on n'a pas envie de parler, que tout nous fait chier, qu'on n'à pas envie de se faire aider, qu'on ne comprend pas pourquoi on vient aux séances, ce qu'on fou là...
Le psy est un exutoire (eh oui, malheureusement il est là pour ça, c'est son boulot de s'en prendre plein la gueule d'une certaine façon, et c'est pour ça que si vous cherchez un bon psy, commencez par éliminer tous ceux qui n'ont pas les épaules solides: c'est qu'ils ne ont pas formés pour vous porter), et jamais il ne faut se priver de dire à son psy ce que l'on pense... combien de fois j'ai envoyé balader mes psys, je leur ai dit que ce n'étaient que des incompétents, que j'en avais trop marre d'eux, que je ne voulais pas entendre telle ou telle question, et j'en passe...
En clair, il faut s'exprimer et mettre le plus de mots possibles sur ce que l'ont vit et sur ce que l'on ressent.
Après il est vrai que l'énorme travail sur soi que l'on réalise pour s'en sortir est le plus pénible que je n'ai jamais vécu: on tourne autour de ses problèmes toute la journée, on ne pense qu'à soi tout le temps: moi et mes problèmes, moi et ma mère, moi et mon père, moi et ma vie de merde, moi et mon passé, moi et mon avenir... et pourquoi je suis ici, et pourquoi la vie est comme ci, et pourquoi moi je suis comme ça...
PFFFFFF!!
En même temps s'il faut en passer par là, ça en vaut la peine, même si je sais que je dis cela avec le regard d'une personne aujourd'hui revenue du 36ème dessous, mais parce que la vie, certes n'est pas rose, mais vaut simplement la peine d'être vécue.
Pourquoi si elle n'est pas rose la vie vaudrait-elle alors la peine d'être vécue, me direz vous?
Je n'ai pas de réponse toute faite, et j'en suis vraiment, vraiment désolée.
Mais je pense, et j'ai quand même un peu vécu malgré mon jeune âge, que même si on a nos problèmes, nos passés douloureux, nos maladies, nos doutes, nos craintes etc, nous avons TOUS eu le droit à une vie, et nous avons le droit COMME TOUS LES AUTRES de faire partie de ce monde.
Et c'est même le devoir de ceux qui sont en mesure de le faire d'aider les autres. Chacun comme le peut.
C'est ce qui fait qu'on vit dans une société.
Et puis la vie est mystérieuse... Elle peut être tellement, tellement, tellement cruelle, et j'oublie des "tellement"... mais elle a cette particularité de nous faire vivre des choses à certains moments de notre existence, souvent éphémères c'est vrai, (mais réelles, et c'est ce qui compte), qui sont tellement belles ou tellement uniques ou tellement pleines de promesses, qu'elle peut encore nous faire hésiter à sauter du 20ème étage...
Et c'est à cela qu'il faut se rattacher! Et c'est loin d'être évident, c'est clair et net.
Mais il faut s'obliger, il faut se rappeler, il faut douter dans la vie, mais il ne faut pas baisser les bras.
Même si on croit que les autres s'en foutent, qu'on n'a pas peur de "faire l'égoïste", qu'on est prêts à traiter le mal par le mal...je ne dis pas qu'il faut se mettre à se dire que tout et n'importe quoi est susceptible de nous redonner goût à la vie, mais il faut juste trouver des petites étincelles par-ci par-là auxquelles se raccrocher, il faut trouver des moyens de garder espoir!
Se raccrocher aux gens qui nous font du bien, lire des textes qui nous parlent, enfin j'en sais rien, là non plus je n'ai pas d'exemples tout faits.
C'est chacun selon comment il prend les choses.
Pour finir, la période de reconstitution, c'est-à-dire après la crise (ce qui peut par exemple correspondre à la sortie définitive de l'hôpital), n'est pas vraiment facile, mais franchement on peut y arriver si on respecte jusqu'au bout ce qu'il faut faire pour ne pas rechuter.
(Bien sûr si vous rechutez, ce qui s'est passé pour moi, ce n'est pas de votre faute, cela veut juste dire qu'on a cru que vous étiez guéri alors que ce n'était pas encore fini).
Il faut retrouver ses habitudes, se refaire une santé, revoir des gens (primordial!!), se reposer, et surtout continuer à être suivi, pour évacuer jusqu'au bout nos dernières peurs et, aussi bien sûr, apprendre à vivre avec ce qui nous hante.
Il y a encore quelques mois, alors que j'étais déjà sortie de l'hôpital et que j'allais vraiment beaucoup mieux, je me disais que je ne referai plus jamais de tentative de suicide mais juste parce que je m'étais ratée à chaque fois.
Mais depuis plusieurs semaines (je dirais mm plus d'un mois), je me dis enfin que vraiment je ne referai plus jamais de TS PARCE QUE c'est une connerie. Et que je ne regrette pas d'être là aujourd'hui.
Ceci ne veut absolument pas dire que j'ai réglé tous mes problèmes, que je m'adore, que je trouve que tout est merveilleux et que je m'entends super trop bien avec tout le monde etc... Puisque de toute façon la vie n'est faite pas comme ça, et n'est ni faite pour ça.
Et il ne faut pas penser que "être guéri" signifie se remettre à trouver la vie super excitante, super généreuse, super géniale et super tout... De toute façon la vie n'est PAS comme ça, c'est clair??
Mais être guéri, plus ou moins, signifie plutôt que l'on a passé une longue crise très éprouvante, qu'on accepte à nouveau de faire ce qu'on peut avec ce qu'on a et qu'on n'est pas parfait, ET que la vie de toute façon ne l'est pas et ne le sera jamais quoi que l'on fasse, mais qu'on accepte à nouveau de faire l'effort d'essayer.
Aussi que l'on a pris du recul par rapport à son vécu et qu'on est en mesure de mieux le gérer.
Mais ça, des médecins pourront vous l'expliquer.
De toute façon, la vie ne tient qu'à un fil.
Tellement de gens voudraient vivre mais meurent de faim, de maladies, d'accidents...
Vous n'avez peut-être pas choisi de naître, mais la mort est une chose naturelle qui finira par arriver.
Pour ceux qui veulent vivre comme pour ceux qui n'en n'ont plus la force.
Et ça ne sert à rien de la provoquer.
En attendant, il faut ESSAYER, même si on se sent inutile etc, c'est l'essentiel d'essayer de faire que les choses changent. Ce qui n'arrivera ni du jour au lendemain, ni la semaine suivante, ni le mois d'après, peut-être même pas l'année qui suit... Mais on ne peut pas s'arrêter de vivre en attendant, ce n'est pas possible! Au contraire, il faut toujours essayer. Même si c'est super progressiste et que ça va vraiment lentement.
Il faut savoir être patient.
Et ne jamais se comparer aux autres!!
Nous sommes tous arrivés sur terre avec un destin différent, des capacités différentes, des tempéraments différents, et des chances différentes...
Alors chacun fait comme il peu. Et à son rythme. Et ça ne doit gêner personne. C'est comme ça, c'est tout.
Dites-vous que le monde est trop grand, on ne peut pas tout apprendre, on ne peut pas tout expliquer, et on ne peut pas non plus passer sa vie à se torturer de questions...
Il faut apprendre à accepter certaines choses, MALHEUREUSEMENT.
Ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas souffrir atrocement, mais on peut y faire quelque chose, même si c'est avec de l'aide, eh ben ce sera avec de l'aide, même si ça prendra beaucoup de temps, eh ben ça prendra du temps...
Me demandez pas pourquoi, je n'ai pas créé ce monde.
J'en ai plutôt moi aussi fait les frais, de ces putain d'injustices que le monde renferme à lui seul.
Mais je veux quand même y rester un peu plus longtemps.
Je vous rappelle que, justement comme je le disais, "ceux qui n'ont plus la force" ne sont pas seuls! Mais il faut se donner les moyens de trouver de l'aide, de s'en sortir, il faut essayer de s'adresser à différentes personnes jusqu'à ce qu'on trouve les bonnes, il faut se renseigner pour savoir ce contre quoi on se bat exactement, qu'on ne se batte pas dans le vide, et il faut y croire, surtout. Ceci étant sûrement la chose la plus dure , mais c'est primordial.
Ne pas baisser les bras (c'est super facile à dire, mais dans la vie il faut aussi se faire violence, comme on dit).
Bref, il faut lancer des SOS. Il y a des gens dont c'est le métier qui peuvent vous aider. Mais il y a aussi des gens qui tiennent à vous et qui pourraient à leur tour sombrer dans un triste néant s'ils vous perdaient...
Un vrai combat pour la vie... Pas que la votre, mais aussi la vie de tous ceux qui cherchent un exemple.
Vous n'êtes pas seuls. Et la vie vous tend les bras.
La mort, elle, n'est qu'une fausse fuite, n'est qu'un piège cruel et sanglant. Malheureusement, elle peut se mettre à obséder certaines personnes. La mort devient une issue, la mort devient attirante, la mort devient obsédante, la mort devient belle...
Comme je disais, ne la provoquez pas. pathetic353

